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Votre histoire

Joseph Merks de Flensburg
J'avais 18 ans et j'étais soldat dans une petite base militaire, située tout près de Courseulles sur mer.
Le 6 juin, aux premières heures du matin, il faisait encore nuit, j'ai entendu de violentes explosions venant du nord ouest, ce que j'ai pris pour une attaque aérienne. Ces explosions se sont rapprochées de plus en plus à la vitesse de l'orage. Je me souviens que soudain un petit chien m'est apparu, tout tremblant, cherchant une protection. Dans la rue, un petit véhicule militaire décapotable est arrivé et quelqu'un a crié « Invasion ! ».
Au levé du jour, notre campement n'était plus qu'un champ de ruines. J'étais blessé à deux endroits et malgré mes blessures, j'ai réussi à atteindre un terrain à Courseulles où se trouvait le bunker de ravitaillement, j'ai été blessé à nouveau durant le trajet. A cet endroit gisaient 7 ou 8 soldats allemands morts et c'est à ce moment que des soldats canadiens m'ont trouvé et m'ont immédiatement soigné. Ils ont découpé mon uniforme déchiré et plein de sang, puis ils l'ont jeté.
Peu de temps après, deux civils français sont venus avec un brancard, ces deux hommes, dont l'un se prénommait Pierre, m'ont emmené au premier étage de l'une des trois maisons située à gauche de l'église. Aux questions qu'on m'a posé, j'ai répondu que j'avais 18 ans, que j'habitais à Moresnet, à l'est de la Belgique, que je n'avais pas choisi de devenir un soldat d'Hitler et maintenant, fort heureusement, la guerre était fini pour moi car j'étais entre leurs mains.
Dans la maison, il y avait encore deux femmes qui se sont montrées très gentilles. Comme je saignais beaucoup, elles ont entrepris de changer mes pansements et après avoir vu mes blessures, la plus âgée des deux s'est écriée : « il faut que le gamin aille à l'hôpital au plus vite, sinon il va mourir ».
Les deux hommes qui m'avaient amené m'ont aussitôt remis sur le brancard et m'ont conduit sur la place du marché, près du port et de là, un autobus civil m'a transporté vers un hôpital militaire canadien.
J'ai souvent pensé à ces quatre habitants de Courseulles-sur-Mer, si serviables et avec tant de compassion pour moi et malheureusement, je n'ai jamais pu les remercier.


De l'occupation à la bataille de Normandie
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